L'idée, c'est d'aller dans un quartier, de rencontrer des gens, de parler avec eux. Si le contact se fait, on leur propose de les photographier. C'est un des travaux que nous avons mis en œuvre sur notre blogue collectif "Regards croisés d'ici et d'ailleurs".
On réunit les photos. Nous, ce que nous avons, ce sont des portraits de commerçants. Le quartier choisi, c'est Noailles, en plein cœur de Marseille.
Mais ce n'est pas tout. Que faire de ces photos? On fait simplement un portrait et on en reste là? Puis on illustre le blogue?
Certes, c'est une option; mais on est dans l'illustratif et il me semble qu'on peut faire autre chose de ces photos. Rentrer dans la narration et "continuer" le lien entre les personnes photographiées et nous.
Jim Golberg est un photographe de grande renommée. Sa pratique est atypique : il enquête sur un groupe de personnes marginalisées (immigrés, travailleurs clandestins,...). Mais ensuite il revient voir les personnes rencontrées et leur demande, sur les photos, d'écrire leur histoire.
C'est son travail qui a guidé le mien; en effet, je voulais ramener plus qu'une simple photo de nos ballades; ces hommes et ces femmes, je voulais aussi qu'il y ait quelque chose d'eux par la suite, même si c'est une petite chose, un simple mot ou juste une phrase, mais au moins qu'il y ait un peu d'eux!
Enfin, dans l'optique de valoriser le plurilinguisme, je trouve que collecter des écritures de tout type est aussi une démarche de découverte et d'acceptation de l'autre (de sa langue, de son écriture).

