Affichage des articles dont le libellé est littéracie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est littéracie. Afficher tous les articles

lundi 7 novembre 2011

lire entre les lignes et trouver de nouveaux passages

Et avoir aussi le goût pour les titres longs ! Pourquoi pas d'ailleurs, on fait souvent court, on cherche un mot pour tout résumer, mais des fois c'est si bon de laisser une phrase entière, à mi-chemin entre énigme et roman.



Qu'est-ce que c'est que cette histoire de lire entre les lignes ?
Ma foi, c'est fort simple en fait. (Allitération en "f").
J'ai remarqué, avec le temps, que mes étudiants, qui semblent me comprendre sans aucun problème à l'oral, ne comprennent pas les consignes les plus simples à l'écrit.
Par exemple, résumer le premier paragraphe de tel texte, etc...
C'est assez intrigant car je n'avais jamais vraiment été confronté à ce problème. En d'autres termes, ces étudiants parlent très bien (niveau B2) mais ne comprennent pas à l'écrit la moitié de ce qu'ils pourraient comprend à l'oral.
Donc à présent je me concentre là-dessus et consacre une partie de mon cours à l'acquisition de différentes stratégies de compréhension de l'écrit.
Car pour moi il semblerait que les manques sont ici. Non pas que les étudiants ne savent pas lire, encore moins qu'ils n'aient pas de vocabulaire, mais en fait ils ne possèdent pas cette culture de la consigne, cette prospérité de l'abstraction en mot, ces champs riants et verdoyants de la mise en forme académique des pensées en mots.
J'ai pu bien vérifier à l'oral, lors de débats, leur vivacité d'esprit et la pertinence de leurs argumentations.
Mais à l'écrit c'est comme si on rentrait en territoire inconnu; quelle est cette fleur du terroir, est-ce qu'elle va pousser ici où faut-il que je la plante là ?



Voilà un dilemme pour un professeur de langue. Apprendre une langue passe (ou passerait) aussi par des mécanismes indépendants de cette langue et propres à certaines cultures. Je rappelle que je suis dans une partie de l'Afrique où les traditions orales sont fortes et où l'éducation scolaire est souvent déficiente. Donc ces étudiants qui parlent bien français sont mis à mal dans les épreuves du DELF qui demandent, en dehors du niveau de français correspondant, une réflexion scolaire occidentale ou française.
Certains des étudiants arrivent très bien à comprendre les consignes de l'épreuve, pour d'autres cela est très difficile, même incompréhensible (alors que tout les mots de la consigne sont compris).
Le monde de la littéracie est un monde à part entière.



Peu à peu je suis en train d'en explorer les frontières, regardant tant du côté de ceux qui y entrent en toute légalité que de celui des clandestins.



A présent je vous laisse et vous souhaite une bonne journée.



A bientôt



Thibaud