Il est bien triste d'avoir emprunté tant de mots à d'autres langues (et je ne parle même pas de l'anglais qui elle-même nous a pris tant de mots (bref, tout ça est épuisant)); ces multiples emprunts sont tristes et peu sexys, jugez un peu: nous avons subtilisé (au moins dans tout ce gâchis sommes-nous habiles) aux germains (1) « robe », aux italiens « pantalon », aux espagnols « gilet », aux arabes « jupes », aux croates « cravates »...
Alors, que restent-ils de nos amours (que les musiciens me pardonnent mais je suis las)? Sans ces jolis imports nous n'aurions « que » ces mots pour les dames : « culotte, bas, corsage, soutien-gorge »...
Un érotisme suranné. Ni trop habillées, ni pas assez. Quelques mots pour imaginer...
Que ces dames se rassurent il y aurait toujours des habits pour les vêtir (les multinationales sont trop fortes pour ça)... et pour équilibrer les choses, de notre côté, à nous la gente masculine, il resterait sans les emprunts « chaussette » et « slip » (ce qui est moins glamour...).
...mais pour y revenir, quand on y pense, dans notre langue, dans les racines même du french, il y avait déjà tout pour de parfaits poèmes, pour des persiennes, une lumière faible, des bruits de rues isolant une petite pièce où deux personnes jouent le rôle de l'éphémère bonheur...
L'imagination est toujours mise à mal à défaut d'être mise à nue.
A votre avis, avons-nous emprunté par peur d'en voir trop? Avions-nous une urgence à nous « protéger » ?
(1) A partir d'un article de M-J Brochard, LFDM n°351